Les derniers événements de la vie de Jésus-Christ ont suscité toute une série de réactions humaines. Lorsqu’Il fut arrêté, les disciples s’enfuirent. Pierre nia avec véhémence être associé au Christ et pleura plus tard sur ce qu’il avait fait. Judas Iscariot trahit Jésus, puis essaya de rendre l’argent du sang et mit fin à ses jours.
Cependant, à la fin de cette journée historique, deux hommes avaient connu une croissance impressionnante. Leur comportement est un exemple pour tous les chrétiens.
Une possibilité de changer
Juste après la mort de Jésus, il se passa quelque chose d’important. Il n’en fut pas témoin. Mais Jean était là, et il le partage avec nous.
« Après cela, Joseph d’Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus » (Jean 19 : 38).
Les quatre Évangiles relatent les actions de Joseph à cet endroit. Jean raconte que le soutien de Joseph à Jésus avait été secret. Pourtant, il était maintenant contraint de le révéler. Il « demanda à Pilate » le corps de Jésus. Marc dit qu’il « osa se rendre vers Pilate » (Marc 15 : 43). Le Jamieson, Fausset and Brown Commentary dit que cela signifie « au sens littéral, “ayant pris courage, est entré” ou “a eu l’audace d’entrer.” […] Cet acte l’identifie sans aucun doute pour la première fois aux disciples du Christ. »
« Les Juifs étaient en pleine frénésie à l’idée de crucifier le Christ, il aurait donc fallu beaucoup de courage », écrit Stephen Flurry. « Il fallait un homme courageux et honorable pour récupérer le corps du Christ et le préparer pour l’enterrement » (theTrumpet.com, 30 avril 2018).
Marc appelle Joseph « un conseiller de distinction » — un membre éminent de la société juive, peut-être même un membre de l’organe législatif connu sous le nom de Sanhédrin. Luc, qui utilise le même mot « conseiller », dit que Joseph était un « homme bon et juste ». Il ajoute qu’il « n’avait point participé à la décision et aux actes » des autres chefs religieux (Luc 23 : 50-51).
Ce Juif éminent avait peut-être raison de rester parfois discret quant à ses convictions ; après tout, il arriva à Jésus Lui-même de faire preuve de discrétion auprès de certains Juifs. Cependant, il arrivait parfois que la discrétion de Joseph naisse d’une simple vanité et de la peur. Il se sentait maintenant obligé d’aller avec audace vers Pilate et de demander le corps.
Le récit de Jean est le seul à faire état d’un autre homme ayant aidé Joseph. Il s’agit d’un développement de personnage similaire : « Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d’environ cent livres de myrrhe et d’aloès » (Jean 19 : 39). Jean s’assure que nous soyons au courant qu’il s’agit du même Nicodème qui était venu voir Jésus en secret dans Jean 3. Lui aussi avait eu peur d’être vu avec le Christ. C’était un « homme d’entre les pharisiens […] un chef des Juifs » (versets 1-2) ; les commentaires bibliques pensent qu’il faisait partie du Sanhédrin.
Comme Joseph d’Arimathée, ce Juif éminent se montra à la hauteur de la situation et manifesta son soutien à Jésus-Christ. « Cette remarque correspond au secret du discipulat de Joseph, que nous venons d’évoquer, et attire l’attention sur la similitude de leur caractère et de leur conduite antérieurs, et sur le changement remarquable qui se produisait maintenant » (Jamieson, Fausset and Brown Commentary).
Soutenir le courage par l’action
Jean 19 : 39 indique que Nicodème fournit de la myrrhe et de l’aloès pour l’enterrement de Jésus. 2 Chroniques 16 : 14 montre la coutume d’utiliser ces éléments pour créer un lit pour le corps, qui serait enveloppé dans du lin (Jean 19 : 40).
Il s’agissait d’un grand geste d’amour, de respect et de dévouement. La coutume n’exigeait qu’une vingtaine de livres de myrrhe et d’aloès pour un enterrement, mais Nicodème en utilisa « environ cent livres ». En grec, une « livre » correspond à environ 340 grammes, ce qui signifie que sa contribution équivalait à environ 31 à 34 kilos en termes modernes. Une petite balle de foin peut peser de 18 à 27 kilos. C’était donc beaucoup ! Comparez cela à un livre d’un parfum de nard pur que Marie de Béthanie versa sur Jésus quelques jours avant Sa mort et que Judas estima à la valeur du salaire annuel d’un ouvrier (Jean 12 : 1-5). La myrrhe et l’aloès de Nicodème auraient pu coûter environ 200 000 dollars en monnaie d’aujourd’hui !
Joseph et Nicodème utilisèrent leurs richesses et leurs positions pour soutenir ce travail — et ce, malgré le risque de persécution.
Le sépulcre lui-même se trouvait peut-être sur la propriété de Joseph, car la coutume voulait que les riches disposent de tels lieux d’inhumation sur leur propriété (Matthieu 27 : 60 indique que c’est Joseph lui-même qui creusa le sépulcre). L’échange de Joseph avec Pilate indique également qu’il avait un lien de parenté avec Jésus (certains suggèrent qu’il était l’oncle de la mère de Jésus) ; dans le cas contraire, il n’aurait eu aucune raison d’être le gardien du corps.« Ce doit être l’emplacement exact de son nouveau tombeau familial qui le conduisit à proposer son sépulcre et à l’offrir en tant qu’offrande » (Lange’s Commentary).
L’offrande de ces biens immobiliers, ainsi que la vaste et coûteuse réserve de myrrhe et d’aloès, témoignaient d’un engagement monétaire et d’un investissement dans l’Œuvre de Dieu.
Comme l’écrit M. Stephen Flurry dans cet article de la Trompette de 2018, « ces deux hommes furent vit en train de préparer audacieusement un enterrement approprié pour le corps d’un homme qui était vicieusement détesté par les personnes les plus puissantes de Judée. »
Une leçon de croissance soudaine
La leçon n’est pas seulement que les deux hommes agirent avec engagement, surtout compte tenu de leur position. Ce n’est pas non plus parce qu’ils utilisèrent tous deux leur richesse pour honorer le corps de leur Sauveur avec le plus grand respect et le plus grand soin. C’est que ces hommes — l’un qui avait été secrètement un disciple, l’autre qui était allé vers Jésus pour la première fois de nuit — accrurent leur courage et le manifestèrent à ce moment crucial !
Tout porte à croire que Joseph et Nicodème devinrent de puissants disciples du Christ. Notre livre La véritable histoire de la véritable Église de Dieu montre comment Joseph faisait partie des premiers disciples à s’installer en Angleterre, où il fit progresser l’Œuvre jusqu’à sa mort.
Le récit que nous donne Jean est très significatif : Joseph et Nicodème se montrèrent à la hauteur en ce jour historique. Ils grandirent au-delà de leurs peurs et de leurs insécurités humaines. Ils dépassèrent le stade de l’estime ou de l’opinion de l’homme au détriment de l’Œuvre de Dieu.
Nous pouvons tous comprendre leurs réticences humaines. Comme Herbert W. Armstrong le souligna dans son autobiographie, nous pouvons facilement faire une idole de ce que les autres pensent — « l’opinion de vos amis, de votre famille, de votre groupe de contacts sociaux ou d’affaires ». Il déclara que ce n’était pas l’amour de l’argent en soi qui le tentait, mais le fait d’être considéré comme « prospère » et « remarquablement “important” » aux yeux d’hommes d’affaires importants.
Il ne fait aucun doute que Joseph et Nicodème ressentaient ce même attrait de la nature humaine. Dans leur cas, il ne s’agissait probablement pas seulement d’un besoin humain de préserver leur niveau social, mais aussi leur vie. Après tout, l’homme pour lequel ils proclamaient leur soutien venait d’être exécuté de façon atroce !
Quelle belle leçon nous pouvons tirer de l’évolution et de l’exemple de ces deux hommes — à une époque où cette association et ce soutien auraient pu être physiquement dangereux. L’un passa du statut de disciple timide et clandestin à celui de défenseur déclaré devant un haut responsable du gouvernement. L’autre, qui ne se montrait avec Jésus que la nuit, finit par mettre ouvertement sa fortune et son statut au service de l’Œuvre de Dieu.
Quels exemples remarquables ! Ils passèrent d’un soutien clandestin à un soutien ouvert et affiché.